
Ottawa suspend les mandats sur les VZE le temps d’un réexamen
Le 8 septembre 2025
C’est un sursis, et non la renonciation définitive aux mandats du fédéral sur les véhicules zéro émission, mais c’est un pas dans la bonne direction.
Vendredi, le premier ministre Mark Carney a annoncé que le gouvernement reportait d’un an l’application de ses mandats proposés sur les VZE et entreprenait immédiatement un examen des exigences du programme qui durera 60 jours.
La première phase du programme sur les VZE devait entrer en vigueur le 1er janvier 2026 et exigeait que 20 % des véhicules de tourisme vendus ne rejettent aucune émission. Cette exigence serait devenue plus stricte chaque année jusqu’à atteindre la proportion de 60 % en 2030 et de 100 % en 2035.
«C’est un pas dans la bonne direction, puisqu’il offre une certaine certitude aux consommateurs et à l’industrie automobile pour la prochaine année. Et à court terme, il aidera à éviter une crise de la disponibilité et de l’abordabilité pour les consommateurs», a indiqué Tim Reuss, président et chef de la direction de la CADA, dans un communiqué envoyé aux membres de la Corporation et aux médias.
«Les provinces du Québec et de la Colombie-Britannique devraient immédiatement emboîter le pas à Ottawa et abattre ces obstacles commerciaux internes. Pendant la période d’examen, la CADA discutera activement avec le gouvernement fédéral pour veiller à ce que tout nouveau plan tienne compte de la demande variable des consommateurs à travers le pays et considère ce qui est raisonnable et possible avec l’infrastructure de recharge et d’alimentation électrique actuelle», a dit M. Reuss.
Le premier ministre Mark Carney a évoqué les changements dans les politiques commerciales américaines, principalement, pour expliquer ce sursis. «Nous avons un secteur automobile qui, en raison de l’énorme transformation des politiques commerciales des États-Unis, subit des pressions extrêmes. Nous en sommes conscients. Le mandat sur les VE empire les problèmes de liquidités et les obstacles financiers pour ces producteurs. Ils ont assez de chats à fouetter en ce moment, alors nous les soulageons de ce fardeau», a dit le premier ministre Carney dans son annonce.
M. Carney a aussi annoncé des mesures visant à mieux protéger et soutenir les travailleurs victimes des tarifs américains.
En mai, une coalition de constructeurs qui produisent des véhicules au Canada a envoyé au gouvernement Carney une lettre lui demandant de suspendre les mandats et, en juillet, celui-ci a rencontré les hauts dirigeants de Ford, Stellantis, GM et d’autres pour examiner la faisabilité des mandats actuels sur les ventes de VE.
«L’industrie automobile subit déjà un stress énorme en raison des tarifs douaniers américains. Plus que jamais, nous devons protéger collectivement ce secteur vital. Il serait irresponsable de causer plus de dommages inutiles — de compromettre des emplois canadiens, des investissements, l’accessibilité et le choix au regard d’un besoin de transport essentiel, de même que la stabilité de notre économie», pouvait-on lire dans la lettre du 26 mai signée par les dirigeants canadiens de Ford, GM, Honda, Stellantis et Toyota.
Vendredi, les Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada (CMAC) ont publié un communiqué de presse pour signifier leur appui à la décision d’Ottawa. «Les membres des Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada se réjouissent de ce que le gouvernement fédéral ait reconnu que les consommateurs n’ont pas adopté les véhicules électriques au rythme auquel le gouvernement et l’industrie s’attendaient il y a quelques années à peine», a dit David Adams, président et chef de la direction.
Pour ce qui est de la campagne de mobilisation en cours de la CADA, Huw Williams, directeur des affaires publiques de la CADA, a dit que la Corporation réclamait depuis longtemps l’abandon ou la reconsidération des mandats, une des principales recommandations de son Cadre de compétitivité pour le secteur automobile en cinq volets lancé pendant la dernière période électorale fédérale.
La CADA menait une campagne visant à convaincre Ottawa et les députés fédéraux d’apporter ce changement. Les concessionnaires membres de la Corporation se livraient présentement à une intense campagne épistolaire auprès des députés dans le but de bien leur faire comprendre que les concessionnaires d’automobiles s’opposent aux politiques actuelles du gouvernement. «Les députés reviennent à Ottawa la semaine prochaine, et nous voulions nous assurer qu’il n’y avait pas l’ombre d’un doute quant à la position des concessionnaires d’automobiles sur les mandats zéro émission. En gros, ils sont mauvais pour notre industrie, mauvais pour notre économie et mauvais pour les consommateurs.»